L’impact du stress sur la lactation vu par les hormones

Le stress peut perturber l’allaitement en freinant l’ocytocine, hormone clé de l’éjection du lait. Découvrez ses effets sur la mère et le bébé, et des solutions concrètes pour favoriser un allaitement serein avec l’aide de professionnels.

Mère allaitant son bébé dans un moment de calme sur un lit, favorisant le lien d’attachement et la lactation dans un environnement apaisant

L’ocytocine joue un rôle central dans l’allaitement : c’est l’hormone qui permet au lait de sortir du sein.

Son rôle principal : le réflexe d’éjection

Quand le bébé tète :

  • Les récepteurs de la lactation situés autour de l’aréole sont stimulés
  • Un message est envoyé au cerveau par l'intermédiaire des neurotransmetteurs 
  • Le cerveau sécrète de l’ocytocine et de la prolactine (les deux hormones indispensables de l’allaitement) 
  • Ces deux hormones atteignent la glande mammaire et les alvéoles de la glande mammaire par voie sanguine 

La prolactine permet la synthèse du lait et la fabrication du lait. L’ocytocine provoque la contraction des cellules myoépithéliales autour des alvéoles mammaires et des canaux lactifères. Le lait est “propulsé” vers le mamelon et vers la bouche du bébé.

On appelle ça le réflexe d’éjection du lait.

Sans l'ocytocine, le lait reste dans le sein même s’il est bien produit.

L’ocytocine une hormone indispensable aux multiples bienfaits  

L’ocytocine ne sert pas seulement à l’aspect “mécanique”de la lactation :

  • Elle favorise le lien d’attachement. En effet le contact physique d’une mère avec son enfant mais aussi d’un père avec son bébé permet chez le parent comme chez l’enfant la sécrétion d'ocytocine indispensable au lien d’attachement. Le contact physique et notamment le peau à peau est essentiel les premières semaines pour permettre un bon développement du tout petit et au  lien d'attachement de se tisser 
  • Elle procure une sensation de calme et de bien-être
  • Elle a un rôle antalgique chez la maman comme chez le bébé après l’accouchement 
  • Elle aide l’utérus à se contracter après l’accouchement
  • Elle peut même favoriser l’endormissement
  • Elle est indispensable à la lactation 

C’est pour cela qu’on l’appelle parfois “l’hormone de l’amour”.

Sensibilité au stress

L’ocytocine est très sensible à l’état émotionnel. Le stress, la peur et la douleur freinent sa libération alors que la détente, la confiance et le contact avec le bébé la stimulent. C’est pourquoi un environnement calme et rassurant facilite l’allaitement tout comme une prise en charge efficace de la douleur chez la maman. 

 Ce qui stimule l’ocytocine

  • Contact peau à peau
  • Regarder ou toucher son bébé
  • Entendre ses pleurs
  • Se sentir en sécurité et détendue
  • Masser doucement les seins

Comment le stress agit sur la lactation

 Effets sur la mère

  • Montées de lait plus difficiles ou irrégulières
  • Impression de ne pas avoir assez de lait (même si ce n’est pas toujours réel)
  • Diminution possible de la lactation si le stress est chronique car la tétée en étant moins efficace provoque une baisse de stimulation qui peut avoir un impact sur la production de lait 
  • Fatigue accrue
  • Tensions physiques (dos, épaules…)
  • Baisse de confiance en soi
  • Risque d’anxiété ou de baby blues (ou encore dépression post-partum)

 Effets sur le bébé

  • Irritabilité pendant la tétée, le bébé s’énerve ou lâche le sein facilement 
  • Tétées plus longues ou inefficaces 
  • Moins bonne prise du sein si la mère est tendue

Se faire accompagner permet de rompre le cercle vicieux du stress qui génère des tétées difficiles qui augmentent l’inquiétude et le stress de la maman. Stress qui perturbe l'allaitement avec la sensation de moins de lait.

 Ce qui peut aider concrètement

Quelques stratégies simples peuvent améliorer la situation 

  • Une prise en charge rapide et efficace de la douleur et un accompagnement par un professionnel de santé expert consultante en lactation. Passés les premiers jours avec une sensibilité accrue au niveau des mamelons en lien avec une forte imprégnation hormonale, l’allaitement ne doit pas faire mal. Si c’est le cas, il faut en trouver l’origine (mauvaise position, problème de succion, origine infectieuse...)
  • Créer un environnement calme (lumière douce, peu de bruit, musique)
  • Contact peau à peau avec le bébé
  • Respiration lente et profonde avant et pendant la tétée
  • Un accompagnement proposé par des professionnels de santé autour de  techniques d’hypnose ou d'acupuncture sont possibles 
  • Se faire aider (partenaire, proches) pour réduire la charge mentale
  • S’hydrater et manger suffisamment
  • Le rôle du co-parent est essentiel dans la mise en confiance de la maman dans ses capacités à nourrir son bébé 
  • En cas d’utilisation d’un tire lait, il est possible de cacher le recueil de lait dans une chaussette pour ne pas générer trop de stress au cours du tirage sur les quantités tirées

Même regarder son bébé, sentir son odeur ou entendre ses pleurs peut aider à relancer l’ocytocine.

Quand consulter

Si vous ressentez :

  • une baisse persistante de lactation
  • une grande fatigue ou anxiété
  • des douleurs ou des difficultés importantes

En conclusion, pour vivre pleinement son projet d’allaitement il est essentiel de se sentir soutenue. Par son partenaire, sa famille, ses amis mais aussi les professionnels de santé experts en allaitement et les associations jouent un rôle clé dans l'accompagnement. 

Leurs conseils, leur écoute et leur soutien inconditionnel aideront à surmonter les difficultés et à profiter de cette belle aventure lactée. 

“Il faut tout un village pour mettre au monde un enfant “ proverbe africain.

Article rédigé par Marie-Ange, consultante en lactation chez Yada.